Je ne suis aujourd’hui que celui que je pensais avoir quitté depuis bien longtemps. Ce dernier, ce vieux moi-même, est venu reprendre une chair que j’ai cru avoir gagnée sur lui, mais c’est cuit, il m’a sorti du fond où je m’étais posé et je suis là vacant à son côté. Une ombre en colère.
Demain je vais lui demander calmement de repartir, je ne peux pas vivre sans être ce que je suis à l’heure où je veux l’être, écrasé entre deux, celui que j’ai été et celui que je vais devenir qui pointe déjà son nez. S’il insiste pour rester, je n’irai pas au combat, je le connais trop, je vais négocier. L’autre qui arrive, il va devoir se battre.
